Croissance interne vs croissance externe

 

Croissance interne ou croissance externe : let’s grow !

Durant des années, la croissance externe était l’apanage des grands groupes, alors que les TPE PME devaient toujours se contenter de la croissance interne organique. Pire, ces dernières apparaissaient même parfois comme des proies involontaires, victimes de ces sociétés pratiquant à outrance la croissance externe.
Avec notamment le phénomène start-up, cette distinction n’a plus vraiment raison d’être aujourd’hui : croissance externe et croissance organique peuvent se combiner habilement et même s’inscrire dans une stratégie de croissance entrepreneuriale globale.

Caractéristiques de la croissance interne d’une entreprise

Appelée aussi croissance organique, la croissance interne s’impose par définition à toute entreprise à son origine.

Croissance interne : definition de la croissance organique

La croissance interne se définit comme l’accroissement des moyens de production, de distribution et de développement, par l’utilisation stricte des seules ressources internes : cela inclut les ressources humaines (salariés, actionnaires…), financières (fonds propres, emprunts souscrits, bénéfices…) et techniques (produits, brevets, R&D…)

Elle se traduit par une hausse du chiffre d’affaires et/ou du nombre de clients. Toute entreprise passe donc ce processus organique, a minima à des débuts.

Comment faire de la croissance interne ?

La croissance interne est organique à toute société, dans la mesure où c’est son objectif impérieux. Grandir est dans l’ADN de tout entrepreneur. C’est encore plus fort chez un startuper.

Cette stratégie de croissance interne a pour finalité de développer les inputs ou entrants (capacités de production, effectifs, fonds propres…), les outputs ou extrants (produits, services…) ou enfin les outcomes ou résultats (CA, PDM, valorisation boursière…).

Elle s’obtient essentiellement de trois manières :
-investissement dans du matériel, de la logistique, des locaux…
-R&D
-acquisition de nouvelles connaissances par formation du personnel

Les avantages de la croissance organique pour une start-up

• Simplicité
S’inscrivant dans les fondamentaux de l’entreprise, elle est simple à planifier, notamment en termes d’investissements contrôlés.Elle s’appuie d’ailleurs souvent sur des capacités d’auto-financement.

 

• Souple
L’étape suivante de croissance est souvent décidée après la réalisation d’objectifs définis ou la découverte d’opportunités. Il est ainsi possible de s’adapter plus facilement, pour accélérer la croissance ou au contraire la ralentir. C’est un processus plébiscité pour une ambition mesurée, à moyens limités : on s’adapte au fur-à-mesure, de manière active.
Pour une start-up, le concept présente intrinsèquement une opportunité à fort potentiel.

• Stimulante
La croissance est le fruit du travail de vos équipes : cette croissance organique constitue donc en soi une récompense, qui stimule, encourage, engage les salariés.

• Indépendance
Les créateurs ou l’équipe dirigeante suivent plus facilement leur stratégie, une vision originale étant souvent un élément de réussite.

Les risques de la croissance interne pour une start-up

C’est un processus parfois long, sauf pour un concept fort et innovant. C’est donc plutôt néfaste pour un bon ROI (retour sur investissement).
Très souvent, la croissance organique implique de se concentrer sur un créneau, supposant une spécialisation sectorielle et parfois territoriale.
Ne pas se diversifier peut ainsi créer un risque en cas de crise, avec une plus grande fragilité.

 

Caractéristiques de la croissance externe d’une entreprise

Croissance externe : definition

La croissance externe consiste pour une société à mener des opérations de fusion acquisition, en se rapprochant d’autres entreprises, parfois jusque-là concurrentes ou complémentaires.

On distingue 3 types de croissance externe, selon le type d’entreprise cible objet du rachat :

• Croissance horizontale : acquisition d’un concurrent.
• Croissance verticale : intégration d’une entreprise déjà liée à la vie de l’entreprise, de la fabrication du produit à sa distribution.
• Croissance conglomérale : diversification par rachat de sociétés sans lien avec l’activité de l’entreprise.

Comment faire de la croissance externe ?

La croissance externe se fait par l’acquisition, la fusion ou l’intégration d’un concurrent direct ou indirect, ou parfois d’un métier éloigné.
Elle se fait alors avec une expansion géographique ou territoriale plus ou moins marquée, en particulier lors d’une croissance extérieure à l’international.
La croissance externe reste un processus souvent complexe, impliquant des compétences juridiques, sociales, fiscales, comptables et financières. C’est pourquoi elle nécessite le recours à des spécialistes.

Les avantages de la croissance externe pour une start-up

• Avantages stratégiques
-Consolider sa société et mieux maitriser un marché, en élargissant sa gamme, son offre, sa clientèle
-Distancer ou supprimer un/des concurrent(s)-Acquérir des compétences, une réputation (marque étrangère), une masse critique
-S’implanter à l’étranger en trouvant une base arrière
-Assurer approvisionnements ou débouchés

• Avantages comptables et financiers
-Effet relutif : sélectionner une cible au multiple de valorisation moins élevé que le sien, permettant de valoriser l’ensemble sur son propre multiple plus élevé.
-Effet de levier : acheter une cible via de la dette bancaire et la faire rembourser en partie avec les résultats de la cible.

• Avantage organisationnels
-Attirer des talents ou des investisseurs, par un simple effet rassurant
-Réaliser des synergies
-Mutualisations des services ou des approvisionnements, pour réduire les coûts
-Augmenter son pouvoir de négociation ou de force

• Avantage temporel
-Lancer un produit plus vite
-Atteindre des objectifs définis plus rapidement

 

Les inconvénients de la croissance externe pour une start-up

• Complexe
Les exemples sont nombreux où la fusion de deux compagnies s’avère finalement un échec, et se traduit par une addition, parfois antagoniste, de deux gouvernances ou de deux philosophies. Par exemple, une croissance externe assure-t-elle de conserver à coup sûr l’esprit de folie, de risques, d’innovation et d’agilité qui ont pu faire le succès d’une start-up à ses débuts ?

• Risquée
C’est un processus parfois long, impliquant de gros capitaux.
En cas de dysfonctionnements, la productivité peut être affectée.
Enfin, de nombreux problèmes à résoudre peuvent vite s’avérer chronophages ou anxiogènes.

• Rigide
C’est une stratégie de long-terme, impliquant souvent d’aller au bout du processus, quelle que soit alors la situation en cours. Selon les secteurs, revenir en arrière est en effet toujours destructeur de richesses, avec le risque de devenir alors une cible pour encore plus gros.

Dans un monde de plus en plus complexe, un bon entrepreneur doit donc inclure dans sa stratégie de croissance ou sa réflexion un mix croissance interne et croissance externe, lui permettant d’être réactif. C’est autant une question de business que de philosophie entrepreneuriale.
Pour un créateur de start-up, la stratégie d’une croissance interne initiale rapide avec pour objectif final le rachat par un gros groupe, peut être parfois un objectif… ou une opportunité !

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