Devenir Entrepreneur : s’associer ou rester seul

Le dilemme pour devenir entrepreneur : rester seul ou s’associer ?

Un proverbe dit que « Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ». Il résume en réalité tout le dilemme du créateur de start-up, pour savoir s’il est capable ou pas d’entreprendre seul. Devenir entrepreneur est un parcours planté de pièges. Mais s’associer peut l’être tout autant !
Quelle stratégie adopter alors pour développer au mieux son entreprise, sans pour autant trahir ses envies et ses objectifs de départ ?

Avantages et inconvénients de l’entrepreneur solo

Tout entrepreneur envisageant une création de start-up n’est en réalité jamais totalement seul. Il peut compter sur un regard plus ou moins bienveillant de proches ou de son équipe. Mais l’entrepreneur solo est amené par définition à prendre seul des décisions essentielles : comment faire pour savoir si c’est la meilleure solution ?

Un entrepreneur : une personnalité et des compétences

Platon avait raison avec son Gnothi Seauthon, reprenant l’un des préceptes du temple de Delphes : Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux.

Se connaître implique de parfaitement savoir ses compétences et sa personnalité, le savoir-faire et le savoir-être.
Si le premier est facile à appréhender, c’est souvent bien plus dur parfois de bien comprendre qui l’on est.
De l’ennéagramme
à la classification de Myers Briggs, le (futur) entrepreneur dispose aujourd’hui heureusement d’outils éprouvés pour connaître au mieux son archétype psychologique, et comprendre qui il est.

L’intérêt est triple.
• Qui vous êtes ?
En parcourant les caractéristiques de votre archétype psychologique, vous allez non seulement vous reconnaître, mais vous allez en plus découvrir écrit noir sur blanc vos forces… et vos faiblesses. Si chacun les perçoit le plus souvent, les voir inscrites clairement est bénéfique.
Une aventure solo reste toujours une aventure humaine : il faut donc vérifier que vos forces et vos faiblesses soient en adéquation avec ce cheminement.

• Qui allez-vous devenir ?
Entreprendre se présente souvent comme une succession d’échecs et de succès, qui doivent aider à progresser. Mais l’échec a parfois un effet inverse en vous faisant régresser.
Chaque archétype vous indique la manière dont vous allez évoluer, selon que vous réagissez bien ou mal. Cette mise en perspective vous aide ainsi à savoir aujourd’hui si vous serez apte demain à bien gérer votre société.

• Qui vous complète ?
Ces archétypes vous désignent les personnalités les plus complémentaires humainement avec vous, et inversement celles où vous saurez que cela engendrera des frictions.

En réalité, tout entrepreneur est naturellement porté par une aventure solo : son idée, son projet, son entreprise, c’est finalement son bébé.
Et comme tout bébé, on a envie de l’élever au mieux, en parent responsable. L’entrepreneur reste alors autonome, garde sa vision, et reste seul responsable pour assumer les échecs mais surtout le succès, en en tirant alors les fruits. Voyons donc un peu ce bébé, votre start-up.

Une start-up : une vision et des besoins

Comme un vrai bébé, une start-up a en effet des besoins de croissance.
Un entrepreneur solo doit s’assurer d’avoir les ressources suffisantes pour répondre à tous les besoins de son « bébé » ou, à défaut, pour les trouver ponctuellement facilement.

• Besoin de compétences techniques
Que ce soit des compétences technologiques ou financières, un entrepreneur solo doit s’entourer de talents, en interne ou en free-lance. S’il est facile d’embaucher un expert-comptable compétent, la tâche est plus ardue pour un CTO ou un web développeur de qualité.
Le marché est tendu et les salaires conséquents.
Un entrepreneur seul doit donc savoir de quelles compétences il aura besoin, et à quel prix.

• Besoin de compétences humaines
Dans d’autres cas, manager une équipe peut nécessiter des compétences humaines qui ne s’inventent pas. Le travail fait autour des « soft skills » prouve que nous n’avons pas tous les mêmes capacités de dialogue, d’écoute, d’agilité, de sérénité…
Une start-up connaissant une success-story est amenée à gérer plusieurs collaborateurs : anticipez le management d’une future équipe !

• Besoin de capitaux
L’argent étant le nerf de la guerre, l’entrepreneur est souvent face à un dilemme : emprunter en supportant seul le risque financier, mais aussi les bénéfices du succès qu’il espère ; ou se tourner vers un partenaire financier co-associé pour gagner en sécurité ?
C’est une réponse propre à chacun, en fonction de sa philosophie et de ses capacités de financement.

S’associer : avantages et inconvénients de entrepreneuriat en équipe

Pourquoi s’associer ?

En regardant l’histoire des grandes success-story en entreprise, il n’est pas rare d’y trouver un duo : César Ritz et Auguste Escoffier, Roux et Combaluzier, Steve Jobs et Steve Wozniak, Pierre Bergé et Yves Saint-Laurent, Paul Allen et Bill Gates…
Mais le plus important est que le schéma reste souvent identique : un visionnaire, un brin artiste, la tête dans les étoiles ; et un pragmatique, homme d’affaires, les pieds sur terre.
Qu’aurait donné l’un sans l’autre ?! Peut-être rien !
Ce schéma prouve en tout cas l’intérêt d’avoir un associé avec un regard complémentaire et des compétences différentes.
Une bonne association fonctionne comme dans un couple, un plus un ne font pas deux, mais trois !

Avec qui s’associer ?

Tout va dépendre de vos objectifs, de vos besoins et de votre personnalité. Que ce soit un associé physique et une personne morale, il faut apprendre à se connaître, pour être sûr de partager la même vision forte et une philosophie similaire.
Privilégier la neutralité à une association familiale est souvent conseillé si c’est possible, histoire ne de pas ramener les problèmes à la maison, ou de ne pas confondre émotionnel et rationnel.

 

Quelles sont les 4 règles d’une bonne association ?

S’associer, c’est partager les risques, les bénéfices, les doutes et les décisions. Tout projet d’association doit être réfléchi, avec les 4 règles COMP.

• Complémentarité : c’est l’essence même de toute association, son objectif, sa finalité. Quelle complémentarité apporte le nouvel associé, d’un point de vue humain ou technique ?

• Organisation : cette complémentarité doit définir précisément les tâches de chacun, même s’il est toujours important de demander le regard de l’associé sur son propre travail. Une association permet d’avoir un double regard avec du recul. Le regard de l’associé est différent du votre : et c’est normal, c’est justement ce qui fait sa complémentarité !

• Majorité : il faut une majorité claire pour anticiper les conflits et les blocages. Cette majorité donne la légitimité. Mais c’est comme une arme de dissuasion, il faut éviter de l’utiliser, il faut convaincre.

• Point de vue : la vision à long terme doit être identique pour aller dans la même direction, quitte à ce que chacun puisse explorer par moments des sentiers parallèles.

Si l’envie naturelle de tout entrepreneur est souvent de développer en solo sa start-up, s’associer est en réalité souvent un plus : multiplier les compétences et les regards permet d’aller en effet plus loin. Chaque association reste toutefois une aventure humaine qui peut offrir les mêmes plaisirs que la vie en couple… mais aussi les mêmes désagréments. S’associer, c’est toujours prendre un pari sur l’avenir. Mais n’est-ce pas dans l’ADN de tout startuper prêt à devenir entrepreneur ?!

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